Commerce Sherbrooke

Dans les petites cordonneries, les meilleures histoires

Dans les petites cordonneries, les meilleures histoires

La Cordonnerie Roy est le plus petit commerce à avoir pignon sur rue à Sherbrooke. Quand on met les pieds dans son local de 12 pieds sur 24 pieds situé sur la rue Papineau, c’est comme si on faisait un voyage vers le passé. Dans ce petit espace s’empilent des centaines de paires de souliers et de bottes, des sacoches, des ceintures et des outils appartenant à un autre siècle.

Richard Lavallée passe 47 h par semaine dans son atelier réparant des articles abîmés. Des objets qui auraient fini dans une poubelle, puis un dépotoir, si leur propriétaire n’avait pas cru bon allonger leur durée de vie utile. Son épouse Manon Beaudette se joint à lui environ 25 h par semaine.

Ouverte en 1949, la cordonnerie a eu quatre propriétaires. Son fondateur, Georges Roy, a passé les rênes à son fils Georges-Émile qui a vendu, en 1982, le commerce à Gilles Grenier, de qui Richard Lavallée a acheté en 2005.

Ancien travailleur dans une usine, M. Lavallée s’est blessé en 2000 et était incapable de reprendre son poste à cause de toutes les restrictions imposées par le médecin.

« Après cinq ans, je me suis dit que j’allais m’acheter une job. Je suis entré dans la cordonnerie et j’ai demandé à Gilles s’il était à vendre. On s’est mis à discuter. Et on s’est entendu, mais je lui ai dit qu’il devait rester quelques mois avec moi pour m’apprendre le métier parce que je n’y connaissais rien. Je l’appelle encore de temps en temps », raconte l’homme de 55 ans.

M. Lavallée avait gardé de son enfance de bons souvenirs de ses visites avec son père chez le cordonnier. « Mes parents avaient six enfants et peu d’argent alors on allait toujours acheter nos souliers usagés chez le cordonnier Tremblay. J’aimais la senteur et je me demandais pourquoi le cordonnier cognait sur les souliers. Ça m’intriguait. »

Le petit commerce a traversé le temps et, à contre-courant, il survit à l’ère des magasins à grande surface. Et ce, sans faire aucune publicité. « On est dans les pages jaunes », précise le propriétaire. Le commerce n’utilise pas les réseaux sociaux et il n’a même pas de répondeur. Le secret de sa longévité réside dans le service, l’accueil et l’écoute.

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