Commerce Sherbrooke

La «prochaine frontière» sera celle des petits commerces

La «prochaine frontière» sera celle des petits commerces

Après la révolution du commerce électronique, qui a profondément bouleversé le commerce de détail, nous voici dans l’ère des petits commerces, qui seront presque des salles d’exposition, avance Jacques Nantel, professeur émérite à HEC-Montréal.

Il présente mercredi matin, dans le cadre du congrès du Conseil québécois du commerce de détail (CQCD), sa conférence «Qu’y a-t-il après le ecommerce ?»

Et ce qu’il y a, c’est une multitude de magasins plus petits, qui vont redéfinir la logistique du commerce de détail, la gestion des inventaires et surtout, leur réduction. «Ces commerces n’auront pas à avoir en stock tous les produits, mais plutôt des échantillons que le client regarde, touche et essaie. Le commerçant promet de livrer la commande dans les 24 heures.» C’est le concept de salle d’exposition.

Plus petits locaux, plus petits inventaires, égalent des coûts de loyers moindres. «Le détaillant peut exploiter un entrepôt, dans une zone industrielle, beaucoup moins cher au pied carré, où il stocke tous ses produits.»

Jacques Nantel était dans la région de Washington récemment et il a vu cette «nouvelle frontière» se déployer : «il y avait un centre commercial d’environ 300 000 pieds carrés. Au lieu d’avoir 30 magasins de 10 000 pieds carrés, comme on aurait vu avant, il y en avait une centaine de 3000 pieds carrés.»

Une formule hybride, car tous ces commerces doivent aussi avoir un volet électronique bien développé. L’ère est à la complémentarité.

Les «power center» à risque

Avec cette nouvelle frontière, ce sont les «power center» qui sont à risque, dit Jacques Nantel. «Ces magasins ont eu du succès avec la promesse suivante : déplacez-vous de 8 km en voiture, et vous aurez tous les produits à bons prix. Aujourd’hui, le commerce électronique fait la même promesse, et il peut livrer. Plus besoin de se déplacer. »

Bonne nouvelle pour les artères commerciales, croit Jacques Nantel, où il sera agréable de déambuler et de flâner, et où ses achats seront livrés ultérieurement. Car le ecommerce ne tuera pas le plaisir de magasiner, dit-il. «L’être humain ne finira pas ses jours dans un sous-sol. Il veut sortir, voir, parler avec des gens, mais vivre des expériences intéressantes. Ce que les power center ne sont pas. »

Cela dit, ces artères commerciales doivent être bien gérées et bien aménagées si elles veulent profiter de la «nouvelle frontière». «En ce moment, la rue Wellington, à Verdun, est un exemple de réussite», dit Jacques Nantel.

Pour lire la suite de l’article de Martine Turenne sur le site de TVA Nouvelles, c’est par ICI !

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