Commerce Sherbrooke

«Food trucks» : prochain arrêt à Sherbrooke?

«Food trucks» : prochain arrêt à Sherbrooke?

Ce texte est tiré de la 7e édition de L’Observatoire commercial. Vous pouvez trouver la version intégrale de ce magazine ICI!

Après une année de projet pilote, Montréal a dit oui. Drummondville et Granby ont, quant à elles, choisi de faire le même test, mais sur trois ans. Qu’en est-il vraiment de la cuisine de rue, mieux connue sous le nom de « food trucks »? Est-ce un concurrent aux restaurants les plus branchés ou un nouveau joueur qui fait mal au secteur de la restauration rapide? « Aucun des deux! », répond d’entrée de jeu Mme Dominique Tremblay, porte-parole de l’ARQ1. « L’encadrement favorise l’acceptation de tous », poursuit-elle.

En effet, on part du principe économique fondamental de l’offre et de la demande. Ainsi, la Ville de Montréal a fait le choix d’autoriser la cuisine de rue sur des sites fixes où un déficit de l’offre alimentaire est présent, alors que d’autres villes permettent une libre circulation des véhicules-cuisines. « Les camions se déplacent chaque jour en fonction d’un calendrier géré par la municipalité. Cela assure notamment une variété de l’offre culinaire à la clientèle. Le choix des exploitants se fait à l’aide d’une grille d’évaluation que doit suivre un comité de sélection afin d’offrir une nourriture distinctive qui caractérise le Montréal gastronomique », indique M. Michel Valade, conseiller économique à la Ville de Montréal. À Drummondville, les sites privilégiés se situent à proximité des parcs, de la plage publique, des complexes sportifs ou encore des zones industrielles. Un nombre limité de permis est délivré dans chacune des villes qui ont choisi d’expérimenter le projet.

Parmi les critères de la grille utilisée par la Ville de Montréal, on retrouve l’originalité, la créativité, la provenance des produits (on favorise les produits locaux), l’expérience professionnelle liée à la restauration, la gestion écoresponsable et l’apparence générale du véhicule-cuisine. De plus, pour être admissible et afin de maintenir une équité fiscale, toutes les municipalités exigent que les exploitants possèdent un lieu fixe de production des aliments dans la ville (cuisine de production, traiteur ou restaurant).

Bon pour tous?

Bien que Granby ait mis en place un projet pilote, aucun des trois permis disponibles n’a été octroyé. Pourquoi les restaurateurs n’ont pas saisi l’occasion? Est-ce dû au manque de densité de la population? Pourtant, Drummondville a trouvé preneur pour ses deux permis… Est-ce parce que les sites déterminés n’intéressaient pas les restaurateurs? Ou est-ce simplement que ceux-ci ont manqué de temps pour formuler une demande qui devait être présentée au même moment que celle des permis de terrasse? Quoi qu’il en soit, si Sherbrooke choisit de se lancer dans l’aventure de la cuisine de rue, une analyse exhaustive devra être faite afin d’assurer le succès de l’opération, tant auprès des restaurateurs que des consommateurs.

Voici quelques témoignages de restaurateurs sherbrookois :

« Il y a déjà beaucoup de restaurants à Sherbrooke, alors l’arrivée de « food trucks » représenterait simplement des restaurants de plus selon moi. Ce concept ne m’intéresse pas pour l’instant. Avec nos cinq Caffuccino à Sherbrooke, on couvre déjà bien tous les secteurs. » – Michel Lussier, restaurants Caffuccino 

« La cuisine de rue est une mode alimentaire intéressante pour goûter autre chose dans un contexte de festival par exemple. Toutefois, si des « food trucks » venaient s’installer sur un terrain tout près du quartier santé où je me trouve, c’est autre chose. » – Stéphane Dubé, propriétaire franchisé A&W

« Les « food trucks » n’enlèvent pas de business, ils permettent de faire connaître le produit. » – Patrick Gingras, copropriétaire Thaï Zone

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